La Russie et l’Afrique s’engagent à créer « l’ordre multipolaire » sans « néocolonialisme »

Isolé sur la scène internationale depuis le lancement de son offensive militaire en Ukraine en 2022, Moscou a organisé jeudi et vendredi, son deuxième sommet Russie-Afrique cette année.Le continent etait fortement représenté par 49 pays africains, dont 17 chefs d'État.
Les participants au sommet Russie-Afrique posent pour une photo à Saint-Pétersbourg, Russie, le 28 juillet 2023.© Reuters

La Russie a organisé du 27 au 28 juillet, son deuxième sommet Russie-Afrique dans la ville de Saint Petersbourg.

Ce sommet intervient dans un contexte d’isolement de Moscou sur la scène internationale depuis le lancement de son offensive militaire en Ukraine il y a près de deux ans.

En clôture de cet événement réunissant les délégations de 49 pays africains dont 17 chefs d’Etat,  Vladimir Poutine a affirmé vouloir promouvoir « un ordre mondial multipolaire juste et démocratique » et à « lutter contre le néocolonialisme ».

« L’engagement de tous nos États à la formation d’un ordre mondial multipolaire juste et démocratique (…) a été réaffirmé », a déclaré Vladimir Poutine lors d’un discours de clôture, évoquant une « détermination commune à lutter contre le néocolonialisme » et les sanctions « illégitimes ».

Une déclaration commune a été adoptée à l’issue de cette rencontre, prévoyant une coopération accrue dans les domaines de l’approvisionnement alimentaire, l’énergie et l’aide au développement.

Le texte prévoit aussi que Moscou aidera les pays africains à « obtenir réparation pour les dégâts économiques et humanitaires causés par les politiques coloniales » occidentales, y compris « la restitution des biens culturels » pillés.

« Les représentants des États africains ont fait preuve de volonté politique, ont démontré leur indépendance et leur réel intérêt à développer la coopération avec notre pays », s’est-il félicité Vladimir Poutine.

Selon lui, un sommet Russie-Afrique se tiendra désormais tous les trois ans et un « mécanisme de partenariat et de dialogue » sera créé pour les « questions de sécurité », y compris pour la lutte contre le terrorisme, la sécurité alimentaire et le changement climatique.

« Il est également question de passer systématiquement aux monnaies nationales, y compris le rouble, dans les règlements financiers des transactions commerciales » entre la Russie et l’Afrique, a-t-il ajouté.

Le Président Russe avait déjà promis jeudi à six pays africains la livraison gratuite dans les prochains mois de céréales, sur fond d’inquiétudes après l’abandon par Moscou de l’accord sur les exportations de produits agricoles ukrainiens.

La Russie a entamé depuis plusieurs années un rapprochement avec l’Afrique, y compris via les services du groupe paramilitaire Wagner, se présentant comme un rempart contre l' »impérialisme » et le « néocolonialisme » occidental.

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