Afrique : Le Soudan est « au bord d’une guerre civile totale », alerte l’ONU

Raids aériens, attaques et pillages… Le Soudan est "au bord d’une guerre civile totale". L’ONU a prévenu dimanche 09 juillet que le conflit, qui dure depuis bientôt trois mois, est "potentiellement déstabilisateur pour toute la région". Les violents affrontements se multiplient et tendent à une guerre civile.
( Archive) Des miliciens nuer de la « White Army », dans l’Etat sud-soudanais du Haut-Nil, en 2014. GORAN TOMASEVIC / REUTERS

L’ONU a alerté dimanche 9 juillet que le Soudan était « au bord d’une guerre civile totale potentiellement déstabilisatrice pour toute la région », aux confins du Sahel, de la Corne de l’Afrique et du Moyen-Orient, des zones déjà en proie aux violences avant le début des affrontements qui secouent le pays depuis trois mois.

Cette déclaration a eu lieu au lendemain de la mort de dizaines de civils dans un raid de l’armée de l’air sur un quartier résidentiel de la capitale soudanaise. Sur une vidéo postée en ligne par le ministère de la Santé de l’Etat de Khartoum, des corps gisent au sol, certains ont des membres déchiquetés qui dépassent de draps jetés à la va-vite pour les couvrir. Plusieurs sont des femmes.

Le bombardement, survenu samedi sur le quartier de Dar al-Salam, à Omdourman, la banlieue nord-ouest de Khartoum, a fait « 22 morts et un grand nombre de blessés parmi les civils », selon le ministère de la Santé. De leur côté, les Forces de soutien rapide (FSR), les paramilitaires en guerre contre l’armée depuis le 15 avril, ont dénoncé « la perte tragique de plus de 31 vies et de nombreux blessés ».

Près de 3 000 morts recensés en trois mois de guerre

En bientôt trois mois de guerre entre les FSR du général Mohamed Hamdane Daglo et les troupes régulières, dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhane, près de 3 000 morts ont été recensés. Mais ce bilan est très sous-estimé, des corps jonchant encore les rues étant inaccessibles. Depuis le début de la guerre le 15 avril, de nombreux habitants dénoncent les exactions des paramilitaires tout en accusant l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane de ne pas les protéger.

Ce dernier n’a été filmé que deux fois avec ses hommes, et le général Daglo n’est apparu que quelques secondes dans une vidéo tournée par ses troupes. Les deux hommes n’interviennent plus que par messages sonores ou médias interposés. Près de trois millions de Soudanais ont été forcés de quitter leur maison – dont plus de 600 000 pour l’étranger, principalement l’Egypte au nord et le Tchad à l’ouest – tant les exactions venues des deux camps se multiplient.

Farhan Haq, un porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé ce dimanche « une absence totale de respect du droit humanitaire et des droits humains », notamment au Darfour, région martyre dans les années 2000 de nouveau au cœur de combats. Dans cette vaste zone de l’ouest du Soudan, où l’ONU recense de possibles « crimes contre l’humanité » et où des combattants tribaux et des civils armés ont rejoint les deux camps en guerre, les combats ont pris une « dimension ethnique », affirme l’ONU. Des habitants rapportent des « exécutions » sur la base de l’origine ethnique.

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