RDC : « Nous sommes dans l’agenda des autres», Al Kitenge

Dans un entretien accordé à L'EXPRESSIF la semaine antérieure, l'économiste et stratège en développement, Al Kitenge explique qu'il impératif pour la RDC d'avoir son propre plan stratégique de développement à court, moyen et long terme pour bénéficier des acquis de sa position géostratégique en Afrique et dans le monde; mais aussi de ses ressources dans la coopération avec d'autres pays.
Al Kitenge.© Droits tiers

L’entrepreneur, économiste et consultant Congolais à l’innovation, Al Kitenge insiste qu’il ne pas réaliste pour la République Démocratique du Congo de se développer sans que le pays ne se dote de son propre plan stratégique de développement à court, moyen et long terme.
Il l’a dit dans un entretien accordé à L’EXPRESSIF la semaine antérieure.

« Il est important que nous soyons en mesure d’avoir notre propre plan stratégique sur base dequel nous allons aller vers les autres.
Quand les autres viennent vers nous, ils savent exactement ce qu’ils veulent.Mais quand nous allons vers eux, nous devons être en mesure de savoir ce que nous voulons.», déclare Al Kitenge.

«Par exemple, la Chine c’est 1 milliard quatre cent millions de personnes.
Qu’est ce que nous nous allons vendre à la Chine apart les minerais.C’est des questions qu’on doit d’abord se poser.C’est des choses qu’on doit mettre dans les accords géopolitiques que nous avons avec eux.
Le problèmes avec la RDC c’est que nous ne sommes pas agressifs.Nous sommes défensifs.
Ça dans la politique économique ça ne peut pas marcher durablement.
Nous sommes entrain d’aller vers la Zlecaf, c’est important que nous ayons un plan.Si non nous allons devenir le marché de tout le monde.

Là je ne sens pas la population congolaise, les entrepreneurs, encore moins l’État mobilisés.», renchérit-il.

Des journalistes défaillants, un autre talon d’Achille congolais

Le stratège appelle à la prise de conscience collective qui doit passer par le rôle important à jouer par les journalistes d’avant poste au sein de la société congolaise

« Il faut avoir des journalistes informés qui vont créer une opinion publique sur la nécessité du pays à se mettre debout pour aller à la recherche et à la conquête du monde.
Un pays qui ne va pas à la conquête du monde, il est concquis par les autres.La plupart de rapports que nous avons avec le monde nous mettent en situation de faiblesse.C’est comme ça que nous n’avançons pas au rythme qui est censé être le nôtre au regard de tous les potentiels que nous avons mais également au regard de la position géostratégique que nous avons sur le continent et dans le monde», suggère Al Kitenge.

« Nous avons des journalistes essentiellement tournés vers l’événementiel.Tournés vers l’actualité.Ils ne sont pas tournés vers les dossiers.
Nous devons avoir des journalistes spécialisés, formés à traiter des dossiers pour être en mesure de remonter l’opinion publique vers une intelligence collective suffisante et agressive.Si non on va continuer à danser et les autres vont toujours nous considérer comme un marché.Des gens chez qui il faut aller déverser la production, donc le fruit du travail de leurs populations. Les journalistes sont dans la distraction la plus totale.Dans le monde entier l’opinion publique est tenue par des journalistes.
Si vous ne faites pas votre travail, ce pays n’avancera pas.», averti l’économiste.

Le stratège en politique publique de développement déplore les multiples accords des échanges commerciaux que signe la RDC avec d’autres pays car, estime-t-il ces angement économiques tourne plus à l’avantage des pays partenaires de la RDC dans plusieurs secteurs.

« Tout ça se passe à l’initiative de nos partenaires.Même si ça se passe chez nous.
Sans que nous ayons un plan stratégique de développement qui dit où est-ce que nous voulons aller dans 20 ans, dans  15 ans , dans 10 ans, dans 5 ans, il nous sera difficile de dire de qui nous avons besoin.Mais par contre, pour avoir identifié leurs faiblesses, les partenaires nous ont identifié comme une opportunité.», déplore Al Kitenge.

Les cas du  contrat de partage «équitable» de production du pétrole de la zone maritime commune entre la RDC et l’Angola signé le 13 juillet dernier, de l’accord sur le corridor pour « le désenclavement des mines de la RDC et de la Zambie» via l’Angola signé le 04 juillet ; mais aussi du contrat d’exploitation d’énergie de la RDC dans le Inga par l’Afrique du Sud sont des exemples évoqués par Al Kitenge pour appuyer son argumentaire de la défaillance de la RDC face à ses partenaires :

«Je vous donne un exemple simple.L’Afrique du Sud est en rupture d’énergie.L’Afrique du Sud est en déclin du simple fait de manquer d’énergie qu’il pensait avoir chez nous.Du coup, l’Afrique du Sud revient encore en nous disant, ” nous voudrons réhabiliter l’accord que nous avons signé il  y a 10 ans pour les dix prochaines années.Parce que nous avons besoin de vous.», explique t-il.


Et d’ajouter :

«L’Angola nous dit sans le dire de manière ouverte, ” nous consommons votre pétrole.Mais comment allons-nous faire pour que nous  continuons à le consommer sans que vous ne nous fassiez des problèmes.Parce que nous avons certainement d’autres couloirs sur lesquels nous pouvons être en mesure de discuter de discuter avec vous».

«C’est toutes ces choses qui ne marchent pas.Nous sommes dans l’agenda des autres.Les politiciens le comprennent et ne le comprennent peut-être pas.
Les hommes d’affaires sont dans un sommeil assourdissant.», conclut Al Kitenge.

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